Mme de Panafieu et le « chèque petite enfance » ou la chronique d’un gaspillage annoncé
février 13, 2008
Comme en témoignent mes discussions fréquentes avec les jeunes parents du 7ème, il est essentiel que puisse être proposé à chaque famille un mode de garde adapté à ses besoins. Des efforts importants ont été accomplis dans ce sens depuis 2001 par Bertrand Delanoë avec la création de plus de 5 000 places en crèche. Sans doute faut-il aller plus loin encore en développant sans exclusive tous les modes de garde. C’est d’ailleurs dans cet esprit que je propose de créer une crèche familiale dans notre arrondissement qui permettra de sécuriser la garde à domicile en apportant une expérience supplémentaire aux assistantes maternelles. J’aurai l’occasion d’y revenir prochainement. Développer les modes de garde, en améliorer la sécurité et la qualité, tels doivent être les grands axes de notre politique en matière de petite enfance. Cette politique doit mobiliser d’importants moyens. Or la tête de liste de l’UMP entend faire une utilisation discutable de l’argent public en distribuant à chaque famille un « chèque petite enfance » d’un montant de 300€ sans conditions de ressources. Une telle mesure ne serait pas raisonnable. N’étant pas ciblée, son coût serait important pour les finances de Paris. Par ailleurs, elle bénéficierait à toutes les familles sans prise en compte de leurs moyens financiers, alors que les allocations familiales sont déjà attribuées sans conditions de ressources et que le quotient familial profite aux familles assujetties à l’impôt sur le revenu. Elle s’ajouterait aux déductions fiscales dont les familles bénéficient au titre des services à domicile. Alors que l’évaluation des politiques publiques doit être au cœur de nos préoccupations, pour une gestion efficace de Paris, il est clair que le coût de ce « chèque » est disproportionné au regard de son utilité. Les classes moyennes, que Mme de Panafieu se targue de vouloir protéger, seraient les grandes perdantes de cette politique car le dispositif PAPADO, mis en place par Bertrand Delanoë et son équipe, leur permet de percevoir des prestations (400 € pour un revenu mensuel inférieur ou égal à 4167 €) d’un montant supérieur à celui proposé par l’UMP. Cibler les aides financières en les modulant intelligemment, agir davantage sur l’offre et la qualité des modes de garde sont des pistes certainement plus intéressantes pour les jeunes parents parisiens que cette proposition qui relève du gaspillage… Assurément, la petite enfance mérite mieux que la distribution de chèques aux familles. Notre politique aura là aussi un temps d’avance, car elle permettra de développer des solutions différentes adaptées à la situation de chaque famille ; c’est une condition d’efficacité et d’égalité d’accès à ce service public. Laurence Girard
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